Toujours puceaux, Dieu soit loué !
La bonne surprise, c'est que Marie-Françoise est venue accompagnée de trois collègues de boulot. Par chance, il s'est mis à pleuvoir, et comme Bernard et moi n'étions pas sortis couverts, nous nous sommes réfugiés sous les parapluies de nos compagnes, ou comment faire connaissance de manière intimiste. Pour avoir l'air de gens qui sortent, on a proposé aux filles trouvées sur Internet d'aller boire un soda dans un bar. Mais comme on connaissait pas bien la ville, on a eu du mal à trouver un endroit qui soit à notre hauteur et qui reflète bien notre personnalité. Le destin s'en est chargé pour nous en nous conduisant sur le seuil d'un bar homosexuel. Enfin ça, on ne l'a compris qu'en poussant la porte. Les vieux mâles accoudés au bar tels des cow-boys dans un western gay ont tourné la tête vers nous dans un mouvement uniforme, dévisageant nos invitées avec étonnement et nos petites fesses avec concupiscence.
Du coup, les quatre filles se sentaient gênées tandis que Pisse-Partout et moi nous sentions pédés. Les lumières étaient tamisées pour cacher le délabrement des lieux, les toilettes étaient à la turc, servant davantage à touche-pipi qu'à pipi-caca, et un gros chien venait nous renifler le derrière comme pour exaucer les vœux de ses maîtres, lorsqu'il ne s'amusait pas avec sa carotte pouet-pouet, probablement usitée dans d'autres circonstances par le gros chauve appuyé au bar. Bref, après une heure à serrer les fesses à en développer des hémorroïdes sur les fauteuils en vieux cuir du bar miteux, j'ai été désigné pour porter l'addition au grand type maigre qui portait un tricot sans manche. Je transpirais beaucoup et ça a plu au bar-gay-man, qui m'a adressé un clin d'œil en me rendant la monnaie. Les autres clients ont tourné la tête vers mon petit cul trempé dans son slip blanc, alléchés par tant de chair innocente.
On est sortis, franchement soulagés d'avoir pu conserver notre pucelage dans ce bar à sodomie. Mais dans la rue, on s'est encore fait accosté par deux amants de même sexe, qui tenaient à prendre une photo de couple avec le château en toile de fond. Pisse-Partout a pris la photo en contre-plongée, mais comme il est nain il a pas le choix, et puis on a raccompagné les filles vers le bus en fredonnant un air de Queen, histoire de rattraper le coup et d'affirmer notre virilité. J'espère qu'on a fait bonne impression à ces filles trouvées sur Internet. De toute façon, on leur a bien signifié que "nous, les tantes, on leur fait bouh bouh bouh". Sur ce, elles ont renoncé à ce qu'on les raccompagne chez elle, prétendant pouvoir tout aussi bien se défendre dans la rue avec un parapluie. Bernard et moi sommes donc rentrés main dans la main, et c'était très chou.
Michel, dit Michou







